Ce n’est pas une nouveauté, c’est la crise pour les majors du disque.
Oui, mais qu’en est-il de la musique sur Internet, laquelle cherche depuis des années son nouveau modèle économique ?
Je crains que la nouveauté ne se fasse attendre encore quelques temps.
On connaît le cas de Deezer, la plateforme dite de référence pour écouter de la musique en streaming. Si son succès auprès des internautes ne se dément pas, la dernière lettre de la Sacem, elle, se présente sous la forme d’une mise en garde contre ce qui pourrait bien n’être qu’un mirage de plus. En effet, les recettes publicitaires ne seraient pas à la hauteur, et les droits d’auteur, calculés sur un semestre, s’élèveraient à 70 000 €. Le morceau le plus téléchargé de la plateforme (qui n’est pas cité d’ailleurs) n’aurait généré que 140 € de droits d’auteur. Lesquels droits seraient en plus à diviser entre une douzaine d’ayants droits.
Il est donc un peu trop tôt pour faire péter la bouteille de champ’.
De la même manière, on me dit à l’oreillette que l’agrégateur Wildpalmsmusic ne répondrait plus au téléphone désormais. Un p’tit tour sur leur domaine Internet et l’on découvre que le site est en maintenance.
Il y aurait bien le cas de la plateforme Airtist pour nous redonner le moral car, lors de la dernière répartition Sacem, les artistes même indépendants ont pu constater sur les feuillets que leurs droits avaient été respectés. Les titres sont effectivement bien consignés sur leur relevé et avec le nombre de téléchargements en prime. On sait donc qui fait quoi, et ce que ça rapporte. C’était là une occasion de crier victoire et de faire péter le bouchon, sauf que là encore, les annonceurs publicitaires ne se bousculent pas au portillon, ce qui pénalise d’autant les activités de téléchargement sur cette plateforme.
De la même manière, l’on n’a guère de nouvelles concernant la plateforme HitMuse dont le PDG annonçait il n’y a pas si longtemps une levée de fonds record qui se comptait en millions d’euros (8?).
Il semble donc que, sur Internet, l’argent sort bien plus qu’il ne rentre.
Bref, nous assistons peut-être à la fin d’un mythe, ou en tout cas, à un moment charnière dans la petite histoire, encore récente, de l’économie numérique de la musique.
Je ne vois pas bien la suite de l’histoire. Faut dire que le vent ne fait pas bon support pour y visser une charnière. On imagine bien la porte, cependant, toute branlante, laissant passer les courants d’air.
Et la poudre aux yeux, qui serait le pollen d’un printemps numérique qui tarde à trouver son été.